2010-2025, vers une revalorisation des lieux de la tempête

2025 sera marquée par les commémorations du quinzième anniversaire de la catastrophe de la tempête Xynthia. Au mémorial dédié aux victimes de la tempête Xynthia de la Faute-sur-Mer, une cérémonie d’hommage aux victimes se tiendra le matin du 2 mars, comme chaque premier dimanche après la nuit du 27 au 28 février.

Les commémorations ne visent pas seulement à perpétuer un souvenir. Elles sont aussi un temps où le souvenir doit s’éclairer d’un jour nouveau, pour « en faire quelque chose ».

Dans les prochains mois, en coopération étroite avec les partenaires associatifs, universitaires et les collectivités, les contributeurs du projet Submersion et résilience, la mémoire de Xynthia continueront d’être investis afin d’ancrer sur le littoral une culture du risque fondée sur l’expérience de la submersion, sur la façon dont on peut y faire face et la surmonter.

Pour recueillir cette mémoire, une collecte de témoignages sera menée à partir du mois de mars par Yann Leborgne (géographe, ethnographe) auprès des membres de l’association des victimes des inondations de la Faute-sur-Mer (AVIF). Elle se conjuguera durant le printemps avec une collecte d’objets réalisée par Samuel Buckman (artiste plasticien) et Mathias Arrignon (designer sonore) préparant l’exposition Xynthia, les objets de la mémoire programmée cet automne au Centre intermondes de la Rochelle. Un des objets collecté par l’équipe figurera dans une exposition consacrée aux migrations climatiques, qui se tiendra au musée national de l’immigration à partir d’octobre 2025. Avec des témoins et sinistrés, Claire Portal (géographe) expérimentera une cartographie sensible de la résilience qui explorera en quoi l’espace touché par Xynthia, loin d’être définitivement traumatique, peut être aussi le ressort d’une appropriation positive de cette épreuve.

L’objectif est de transmettre ce vécu et le mettre en valeur. Les lieux sont des médiateurs de mémoire et de résilience. C’est pourquoi Anaïs Marion (photographe) conduira courant avril une action artistique et culturelle où des jeunes d’Aytré et de l’Aiguillon-la-Presqu’île seront conviés à arpenter les lieux de la mémoire de Xynthia avec des témoins qui ont connu la tempête. Sylvie Grenet (anthropologue, archiviste) va œuvrer avec le concours de Clara Sébastiao (archiviste documentaliste) au développement d’une infrastructure documentaire et archivistique numérique qui, in fine, devrait permettre à tous d’accéder par internet, de chez soi ou sur site à une abondante ressource mémorielle. Florent Loiseau (étudiant) effectuera un stage d’anthropologie visuelle où il étudiera les pratiques, les représentations du mémorial de la Faute. Nous sommes au prélude d’une revalorisation des lieux de Xynthia.

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Exposition “Xynthia, les objets de la mémoire”: appel à participation